Beauchamp, commune nichée au cœur du Val-d’Oise, par une chaude journée de juin... Au détour de petites routes, dans une quiétude totale, entourée de pavillons coquets et cernée de bois, le visiteur découvre une vaste usine : l’un des cinq sites de production 3M en France. D’ici partent des centaines de camions chargés d’éponges, d’abrasifs incorporés Scotch-BriteTM, notamment les « Grattons laveurs » mais aussi : les produits de nettoyage des sols et de polissage des matériaux, les rubans adhésifs utilisés par l’industrie et le grand public pour l’emballage et l’assemblage, etc.
Sur 48 hectares, dans 70400 mètres carrés de bâtiments, la production bat son plein 24 heures sur 24. Plus de 500 personnes y participent. Le site abrite également le Centre Technique Clients, un lieu d’échange avec les clients, un lieu de réflexion et de recherche.
Avant d’arriver au cœur des chaînes de fabrication de tampons de récurage, des zones de stockage recèlent des piles d’éponges, blondes, cellulosiques ou synthétiques, en plaque carrées de plus de deux mètres sur deux, qui attendent d’être « accouplées » à leurs faces grattantes.
Plus loin, une salle cache des monticules de poudres, blanches, brunes, plus fines que du sable, douces au toucher...
« Ici, explique Hervé Dechy, responsable marketing et compte-clés de 3M, nous entreposons les charges abrasives qui rentrent dans la composition des produits industriels Scotch-BriteTM. Ces poudres équilibrées, sélectionnées, de matières diverses (silices, alumine, etc.) sont de véritables rasoirs microscopiques dont la tâche est de décrocher les salissures de leurs supports.
« En termes de sécurité, poursuit-il, nous prenons des précautions draconiennes pour que nos opérateurs ne puissent être blessés, par exemple par une projection dans l’œil. Un seul de ces « grains » pourrait y faire des dégâts. Ici chacun est tenu de porter une tenue de protection qui comprend naturellement des lunettes... »
La vie d’un tampon à récurer commence par le choix d’une fibre ad hoc dûment vérifiée en termes de longueur, de ressort et de diamètre. Cette fibre, selon le produit souhaité, est de nylon ou de polyester.
Les ballots de matière blanche, compacte, à l’aspect duveteux sont passés dans de grandes machines semblables à des « shakers » géants dotés de picots. Les fibres y sont ouvertes, éclatées, aérées, dispersées. Elles sont ensuite re-compressées par rouleaux entiers et disposées sur un tapis. C’est à cet instant qu’une nappe commence à prendre forme.
Cette nappe est ensuite acheminée vers le « Maker Scotch-Brite TM ». Elle est plongée dans un bain de résine additionné de colorants bleu, vert, noir, etc. Ce tapis est ensuite cuit dans un énorme four de plusieurs dizaines de mètres de long. Les charges abrasives et la résine sont pulvérisées sur cette nappe à trois reprises. Le tout est recuit par trois fois, recto verso. En bout de chaîne apparaît une bobine de tampon à récurer à peine transportable par un homme.
« La qualité du tampon est déterminée par la nature et la qualité de la charge abrasive et des fibres, explique Jean-Yves Horriot, responsable de production Scotch-Brite à Beauchamp. Tout au long de la fabrication nous procédons à des contrôles de qualité : visuels, mais aussi techniques en termes de poids et d’épaisseur... Outre ces vérifications, nous avons mis en place une politique de préservation de l’environnement (lire encadré par ailleurs). Nous recyclons une grande partie de nos déchets (déchets de fibres, découpes de nappes, etc.). Nous avons mis au point des procédés de production utilisant moins de solvants qui polluent sous forme de Composés Organiques Volatils (COV). »
Les bobines de tampons sont ensuite conditionnées. Elles deviennent des disques pour monobrosses, des tampons à utiliser avec supports... Ou bien elles sont découpées, à l’aide de planches de formes, pour être « accolées » aux éponges.
« L’enduction est notre cœur de métier, explique Jean-Yves Horriot. Je dis souvent que notre métier revient à coller n’importe quoi avec n’importe quoi. Quand l’utilisateur se servira de son éponge, il n’aura aucune idée du travail que représente l’assemblage d’une face grattante avec une face éponge. Certains penseront même avoir dans la main un outil fait d’un seul bloc. »
Après emballage, ces éponges seront empaquetées et distribuées dans toute l’Europe (les deux tiers de la production du site sont exportés). Elles nettoieront, décrasseront ou essuieront indifféremment des grills espagnols, des sanitaires italiens ou des mobiliers français.

