Que trouve-t-on indifféremment sur un chariot de nettoyage du secteur hospitalier, du secteur tertiaire, dans une cuisine, dans un garage, dans la caisse à « outils » d’un agent de service réalisant des prestations de petite maintenance ? Une éponge ! Cet outil est tellement répandu, qu’il finit par « faire partie du décor ». Mais qu’est-ce au juste qu’une éponge ?
Il en existe de trois types :
• La plus ancienne est l’éponge marine, un zoophyte, c’est-à-dire un animal à l’apparence de plante. Elle ne possède aucun organe, pas de bouche ou de système digestif, pas plus que de système nerveux (lire encadré par ailleurs). Ces éponges sont pêchées depuis l’Antiquité. Il s’agissait même d’une discipline sportive aux jeux Olympiques. Les anciens attribuaient à « ces produits de la mer » des vertus médicinales.
De nos jours, les éponges sont encore pêchées de manière artisanale et saisonnière. Calymnos, en Grèce, est aujourd’hui la capitale de cette pêche.
• L’éponge végétale naturelle proprement dite est une plante grimpante de la famille des Cucurbitacées (la courge luffa), originaire d’Afrique. Elle a été utilisée à la place de l’éponge animale, étant moins chère et plus simple à produire.
• Les éponges artificielles dont il existe de nombreuses variantes : les éponges cellulosiques aussi appelées (à tort) éponges végétales ou encore les éponges synthétiques, composées de réseaux de fibres dérivées du pétrole.
Les éponges cellulosiques sont fabriquées à partir de la cellulose, substance macromoléculaire que l’on trouve dans la membrane des cellules végétales (une matière qui sert à la fabrication d’objets aussi divers que la pâte à papier, les explosifs, les similicuirs, les pellicules photographiques, les boutons, les laques, les disques, les emballages alimentaires, les vêtements, etc.).
Le secteur de la propreté « consomme » essentiellement des éponges artificielles (les éponges marines et végétales, plus chères et plus rares, sont devenues des objets de bien-être, utilisées pour l’hygiène intime par les particuliers ou les spas). Le marché est, au niveau européen, équitablement partagé entre les éponges cellulosiques et les éponges synthétiques.
Il existe néanmoins des disparités nationales : les Français, par exemple, utilisent majoritairement l’éponge cellulosique alors que les Allemands préfèrent l’éponge synthétique. En France, la plus grande part de marché est occupée par les éponges bifaces : une face éponge, une face support récurante (lire l’article intitulé L’autre face de l’éponge).
Les éponges cellulosiques sont brunes (pour les gros travaux) ou blondes (pour les usages habituels du nettoyage). Elles ont la caractéristique d’être très absorbantes. Dotées de trous aérés,
elles captent mieux l’eau et les salissures et elles glissent facilement sur les surfaces.
Les éponges synthétiques fabriquées à base de pétrole sont très résistantes aux produits chimiques, mais peu absorbantes. Elles peuvent être de toutes les couleurs, bleues, rouges, jaunes... L’usage des unes ou des autres est question de culture.
L’éponge est devenue un accessoire de base pour le nettoyage et les opérations de lavage. Elle remplace l’essuie-tout et les chiffons et constitue un support idéal pour l’application de détergent.
L’apparition des éponges bifaces permet de gratter et récurer les surfaces les plus souillées. La nappe « grattante » est constituée d’un mélange de résines et de grains abrasifs tels des sables ou des poudres de différentes natures. Cette nappe est plus ou moins abrasive et rayante. Elle répond aux mêmes codes couleurs que les pads pour monobrosse : plus la couleur est claire moins le support est abrasif (les éponges avec une face « grattante » blanche sont peu corrodantes).
Récemment, des nappes très abrasives mais absolument sans danger pour les surfaces (garanties sans rayures) sont apparues sur le marché, notamment pour répondre aux besoins des fabricants de cuisines modernes.
Les éponges sont décriées par certains hygiénistes qui les décrivent comme « des nids à microbes, des bouillons de culture à portée de vaisselle, des boîtes de Pétri du nettoyage ». Il est vrai que les bactéries et les microorganismes se développent facilement sur des objets humides et tièdes.
Les fabricants proposent une première parade : toutes les éponges vendues sont traitées avec un désinfectant, le triclosan.
Reste une précaution élémentaire : ces outils de propreté doivent être propres ! Les éponges doivent être nettoyées souvent, avec du détergent, du savon, voire du désinfectant. Elles supportent les lavages mécaniques et passent en machine à laver ou au lave-vaisselle.
Les opérateurs doivent les essorer soigneusement et les poser près d’une source de chaleur ou près d’une fenêtre. De la propreté, toujours, naît l’hygiène et le bien vivre.

