Un monde de parfums
Pêche, Mimosa, Pamplemousse, Ambiance, Fleurs du verger... La propreté a ses parfums qui ont tous pour dénominateur commun une odeur de propre. Une " bonne odeur " est synonyme d'hygiène pour la plupart des utilisateurs finaux. Les fournisseurs rivalisent de créativité et d'ingéniosité pour offrir des produits à la fois efficaces et odorants.

En 1999, une enquête de l'Institut Démoscopie, menée auprès du grand public pour le compte de la Fédération des Entreprises de Propreté (FEP) et des organisateurs du salon Europropre révélait l'importance des bonnes et mauvaises odeurs dans la perception que les Français ont de la propreté.
L'étude, intitulée " La propreté et les Français dans les lieux publics et les espaces d'activités ", montrait que cette perception est fondée sur des signes concrets dont l'absence d'odeur désagréable. Les signes de propreté et la qualité de l'entretien sont pour 51 % des interrogés liés à une légère odeur de nettoyant et pour 41 % à l'absence complète d'odeur.
Contrairement aux idées reçues, ce n'est donc pas l'odeur très marquée de nettoyant qui est synonyme de propreté mais bien l'absence d'odeur ou une odeur légère mais rémanente.
Et, force est de constater que le marché prend ces desiderata en considération. Les fournisseurs et distributeurs de produits chimiques offrent des gammes de plus en plus étendues de produits ad hoc.
" Pour commencer, explique Christine Decuyper, responsable de laboratoire chez PFC, il faut savoir que les odeurs ont une réalité chimique à base de molécules complexes. Elles sont donc modifiables. Pour lutter contre les odeurs nauséabondes ou en créer de délicates, il existe différentes catégories de produits. "

Il est possible de classer ces produits en trois familles :
Les désodorisants. Ils se contentent de couvrir les mauvaises odeurs. Ils sont de formes et de nature diverses : aérosols, liquides diffusés par mèche, gels, etc. ;
Les surodorants fonctionnent sur le même principe, mais sont plus concentrés en parfum, plus puissants. Ils couvrent donc davantage les mauvaises odeurs ;
Les destructeurs ou neutralisateurs d'odeurs détruisent des odeurs précises grâce à des matières actives qui altèrent ou " enveloppent " les molécules responsables des mauvaises odeurs d'une écorce physico-chimique. En général, chaque produit cible une à deux molécules. Ainsi, ces produits sont-ils efficaces soit contre les odeurs de tabac, soit contre celles d'urine, ou encore contre celles de friture...

Christine Decuyper précise : " Ces produits contiennent entre 0,5 et 10 % de parfums, voire plus. Ils sont très difficiles à stabiliser. Et, bien sur, il est encore plus difficile d'associer des propriétés détergentes ou désinfectantes à des parfums que de créer des désodorisants. Les parfums sont fragiles, très sensibles à la lumière, à la température, à l'air et aux autres substances. "
" L'autre particularité des produits odorants, poursuit Isabelle Mahieu, responsable marketing chez PFC, c'est que leurs ventes sont régies par la subjectivité. L'odeur qui va plaire aux uns sera rébarbative aux autres. De plus, ces produits sont les seuls, ou quasi, dans l'univers de la propreté, à subir les effets de la mode. Dans ces conditions, créer une odeur capable de plaire au plus grand nombre est une véritable épreuve.
" Nous nous inspirons des tendances de la grande distribution, rayon hygiène corporelle. Par exemple, ces temps-ci, les senteurs nature sont en vogue. Nous mettons au point des parfums Thé Vert, Senteurs du verger, Pomme. Et pour convaincre le plus grand nombre, chaque produit doit être disponible dans plusieurs fragrances.
" Heureusement, en parallèle à ces parfums soumis aux tendances, il reste des valeurs sûres comme les notes citronnées ou la lavande. Au final, chaque utilisateur peut trouver un désodorisant, un détergent surodorant au parfum qui lui convient ".

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