Un coup de pouce aux jeunes en difficulté
De trop nombreux apprentis doivent renoncer à poursuivre leur formation car ils sont dans une situation financière précaire. Pour palier ce problème, le Fonds d'Action pour la Réinsertion et l'Emploi (FARE) et l'Institut National de l'Hygiène et du Nettoyage Industriel (inhni) ont mis en place un nouveau dispositif : le Fonds d'Aide aux Apprentis.
Mille six cents euros, c'est le montant des amendes accumulées en quelques semaines dans les transports en commun par Ariane, une apprentie de 17 ans inscrite au CFA Propreté de Marseille. L'explication est simple : cette jeune fille doit loger à l'hôtel, et n'a pas les moyens de payer ses tickets pour ses déplacements au CFA et dans son entreprise.
Autre exemple : Laurence, dont la situation financière est précaire, bénéficiait d'une prise en charge de ses frais quotidiens par le conseil général. Mais cette allocation lui a été supprimée à la rentrée car elle n'habite plus dans le même département que le CFA Propreté de Tours où elle va en cours...
« Sans l'intervention du Fonds d'Aide aux Apprentis, explique Joël Blavy, secrétaire général de l'inhni, il est probable que ces deux jeunes auraient dû abandonner leur formation. Ce dispositif a permis de prendre en charge les frais de transport d'Ariane, et d'établir un échéancier pour qu'elle puisse payer ses amendes. De même, le Fonds rembourse désormais Laurence pour ses frais quotidiens. »
« Ces deux exemples, complète Jean Dalichoux, secrétaire général du FARE, démontrent tout l'intérêt du nouveau dispositif mis en place par le FARE et l'inhni. L'objectif est de "tendre la main" à ceux de nos apprentis qui sont dans une situation sociale difficile. »
Des contraintes de mobilité
Les contraintes de mobilité qu'entraîne la formation en alternance font partie des problèmes les plus courants. « Les jeunes, reprend Joël Blavy, doivent gérer des allers-retours entre leur domicile et leur CFA Propreté qui est parfois distant de plus d'une centaine de kilomètres. Sans parler des trajets jusqu'à leur entreprise. Autant d'aléas qui peuvent aussi générer des problèmes d'hébergement car il n'est parfois même pas envisageable qu'ils effectuent l'aller-retour dans une journée.
« L'ensemble de ces contraintes représente un frein important pour recruter des jeunes et les garder tout au long de leur formation.»
«Les difficultés sont encore accrues, renchérit Jean Dalichoux, quand les jeunes apprentis sont issus d'un milieu social défavorisé et subissent des conditions de vie en dégradation constante. »
Les aides sont attribuées sur dossier, constitué par le directeur du CFA où le jeune est inscrit et le chargé de mission du FARE.
« Nous vérifions notamment, reprend Jean Dalichoux, si l'apprenti ne peut pas bénéficier d'une aide des pouvoirs publics. Si c'est le cas, nous conseillons le jeune dans ses démarches administratives. »
Aides d'urgence
« Actuellement, indique Joël Blavy, les dossiers sont constitués en majorité de demande d'aides d'urgence et à la mobilité. Mais il est trop tôt pour faire un bilan car le dispositif est encore nouveau. Nous devons le faire connaître plus largement à nos équipes sur le terrain et aux prescripteurs locaux que sont les missions locales et l'ANPE. »
Au total, le Fonds d'Aide aux Apprentis représente pour la branche un budget annuel de 400 000 euros géré par le FARE. « C'est une forme de pari que prend la profession sur l'avenir, conclut Jean Dalichoux, car il est clair que nous n'avons pas de recours si l'apprenti ne joue pas le jeu. Nous en sommes conscients. Mais cela fait partie de la politique volontariste que nous menons pour favoriser le recrutement d'apprentis dans nos Centres de Formation".
« Par ailleurs, ce Fonds d'Aide contribue également à améliorer l'image du secteur de la propreté. Même si ce n'était pas notre objectif premier, toutes les initiatives qui vont dans ce sens sont les bienvenues .»

